J'apprends à m'accueillir même quand je me juge ...
- Emmanuel Pampuri
- 13 sept.
- 3 min de lecture

" Je vois ma mère, mon père faire des trucs ignobles et je me vois faire pareil"
Une de mes stagiaire m'a écrit et elle me disait qu'elle en avait mare qu'elle trouvait qu'elle etait une mauvaise mère, qu'elle geulait sur son fils et qu'elle se détestait de faire ça.
Merci à elle car elle m'a inspiré ce texte.
« Je préfère être un homme complet qu’un homme bon. »
Carl Gustav Jung
Ce que je juge en moi,
c’est souvent ce que j’ai jugé chez l’autre.
Et plus encore,
ce que j’ai jugé chez mes parents.
Quand je crie, quand je me perds,
quand je répète leurs gestes,
je me raconte :
« Je suis nul, je suis une merde,
je fais exactement comme eux. »
Alors la boucle se referme.
Je condamne chez moi
ce que j’ai condamné chez eux.
Je deviens mon propre juge,
mon propre bourreau,
enchaîné à ce que j’ai voulu fuir.
« Les parents font ce qu’ils peuvent, pas ce qu’ils veulent. »
Françoise Dolto
La vérité,
c’est que comme eux,
je fais comme je peux.
Avec la fatigue,
avec les manques,
avec le contexte
avec le poids de l’héritage,
avec les loyautés invisibles
qui me tiennent par le col.
Eux aussi ont fait comme ils pouvaient.
Dans leur contexte,
dans leur époque,
dans l’histoire qui les dépassait.
Ils ont porté la guerre,
les non-dits,
les blessures transgénérationnelles.
Et moi, sans le vouloir,
je porte à mon tour ce fardeau.
« Quand nous regardons nos parents avec bienveillance, nous guérissons en même temps la relation avec nous-mêmes. »
Bert Hellinger
Les constellations révèlent ça :
ce fil invisible qui nous relie,
ces loyautés inconscientes
qui nous font répéter malgré nous.
Et elles ouvrent un espace.
Un espace où l’on peut enfin voir
nos parents avec des yeux nouveaux.
Non plus comme des monstres,
non plus comme des coupables,
mais comme des êtres en chemin,
pris dans leur propre tempête.
Quand je prends conscience que je me rends prisonnier
des mécanismes de mon égo et de mes peurs.
Les miennes et celles dont j’ai hérité.
Alors, le jugement peut tomber.
Je peux arrêter de chercher les coupables,
Car j’ai compris que ça ne me ferai pas grandir.
Je pardonne.
J’accueille en moi même ce qui ne m’appartient pas.
« Le pardon est l’acte le plus grand d’amour envers soi. »
Maya Angelou
Et dans ce geste,
j’accueille tout ce que je juge comme imparfait
J’acceuille aussi les parts de moi qui jugent
je me pardonne aussi simplement, entièrement.
Je me pardonne d’avoir jugé.
Je me pardonne de répéter.
Je me pardonne d’être juste humain.
Parce que tant que je rejette mes parents,
je rejette les parts d’eux en moi.
Et tant que je me rejette moi,
je rejette la vie qui m’a été transmise.
« La blessure est l’endroit par où la lumière entre en toi. »
Rumi
Accueillir toutes mes facettes,
même celles qui me rappellent ce que je détestais chez eux,
c’est arrêter la guerre.
C’est embrasser ce qui est.
C’est remettre de l’amour
là où il n’y avait que blessure et reproche.
C’est là que naît l’amour inconditionnel :
pas dans la perfection,
mais dans l’accueil tendre et radical
de toutes mes parts.
Les douces.
Les dures.
Les ombres.
Les lumières.
Alors, enfin,
je peux marcher libre,
allégé des chaînes de l’héritage,
libéré du poids des loyautés,
et ouvert à ce que je suis vraiment :
un être entier,
multifacette,
vivant,
en chemin vers plus de conscience.







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